Quand la Chine ralentira…

Après le feuilleton grec, notre été est donc désormais bercé sur les marchés par le ralentissement de l’économie chinoise. Beaucoup de choses ont déjà été écrites depuis le lundi noir 24 août où les bourses mondiales ont fortement dévissé. Voici donc en synthèse notre analyse de la situation.

 

Des raisons d’être inquiets … Les nuages sont multiples à court terme :

 

1-Quelle est l’ampleur du ralentissement chinois ?

Un fort ralentissement de la seconde économie mondiale, qui rappelons le pèse désormais 17% du PIB mondial, entrainerait inévitablement un ralentissement de la croissance mondiale, de nature à remettre en cause la reprise qui commençait à poindre en Europe et dans les principaux pays développés. Mais il est difficile de connaitre la réalité des chiffres annoncés par le gouvernement chinois…l’ampleur de ce ralentissement sera donc scrutée avec attention.

Pourtant, il nous semble que l’économie chinoise est avant tout entrée dans une phase de mutation, tendant à réduire la croissance basée sur les exportations, au profit d’une croissance plus lente mais plus durable, recentrée sur la consommation intérieure. Ce changement devrait donc s’avérer favorable à moyen terme, et à ce titre la réaction des marchés nous semble exagérée.

 

2- Le risque de remontée des taux de la FED

La réunion du 17 septembre de la FED sera cruciale et pourra être interprétée diversement.

Soit la décision est prise de relever les taux, ce qui est négatif pour les marchés actions et pourrait entrainer des secousses, mais à l’inverse cette décision enverrait également un signal de confirmation de la bonne santé de l’économie américaine, justifiant la nécessité de remonter les taux pour juguler l’inflation.

Soit la FED ne bouge pas ses taux, ce qui est à priori bon pour les marchés, mais pourrait aussi être interprété négativement car prouvant que les inquiétudes sur la croissance sont bien réelles…

 

3- Les élections en Europe du sud

La Grèce recommence donc fin septembre son feuilleton électoral, avec le risque de retomber dans les travers de cet été selon le résultat qui sortira des urnes.

Dans la foulée, ce sera au tour de l’Espagne de procéder à des élections, là aussi à haut risque et de nature à remettre en cause la politique de rigueur prônée par l’Europe.

 

Mais les raisons d’espérer sont bien présentes… car les fondamentaux sont toujours là, notamment en Europe :

 

1-La forte baisse de la monnaie européenne favorise nos exportations et donc nos entreprises, dont les résultats devraient continuer à s’améliorer dans les mois à venir.

 

2– La chute du prix des matières premières, là encore a redonné une belle bouffée d’oxygène aux entreprises européennes et favorise la reprise économique.

 

3– La poursuite de l’intervention sans limite apparente de l’action de la BCE continue à soutenir l’économie européenne et sa croissance.

 

Les risques sont donc multiples, sur une économie globalement convalescente. Si la reprise se confirme, alors les marchés devraient retrouver un beau dynamisme, mais à défaut, la volatilité actuelle devrait encore perdurer.

 

Guy Roos

Réactions et commentaires

4 commentaires
  1. Dans le livre « Comment tout peut s’effondrer » paru en avril, les auteurs rappellent les prévisions du rapport Meadows : « Entre 2015 et 2025, l’économie et la production agricole décrochent et s’effondrent totalement avant la fin du siècle… »
    Tenez-vous compte de ces prévisions à long terme ?

    • Bonjour,

      Effectivement , l’impact des grands bouleversements sur l’économie doit être appréhendé pour déterminer les cycles économiques. Concernant cependant les marchés financiers, notre gestion se positionne sur un horizon moyen terme, 3 à 5 ans. Parler de prévision à très long terme (fin du siècle) et en tenir compte dans nos choix d’allocation d’actifs est un exercice trop délicat eu égard au rythme des marchés, même si nous tentons dans un raisonnement de tendance de nous affranchir du quotidien.
      Guy Roos

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