Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle crise financière ?

L’année 2016 démarre de manière bien compliquée sur les marchés financiers qui viennent de perdre plus de 6% en seulement quelques jours et plus de 17% depuis leur plus haut du printemps dernier. Comme à chaque fois dans ces situations, les cassandre commencent à raviver le spectre d’une nouvelle crise financière, tentons donc d’éclaircir la situation.

Les marchés refont parler d’eux ! Tout a commencé à la fin de l’été dernier avec la première crise chinoise générée par la dévaluation surprise du Yuan, puis à nouveau depuis quelques jours revient en force le spectre du ralentissement chinois, avec une nouvelle vague de dévaluation.

Ceci ajouté à la chute sans fin du prix du pétrole, à la tension entre l’Iran et l’Arabie saoudite, aux essais nucléaires en Corée du Nord, aux attentats en France, bref les nuages s’amoncellent sérieusement sur l’économie mondiale qui n’était pourtant déjà pas très florissante…

Il n’en faut donc pas plus pour raviver les discours les plus noirs et annoncer une nouvelle crise mondiale.

Pour savoir lire dans une boule de cristal, il faudrait connaitre la réalité de la décélération de l’économie chinoise. En effet, si la croissance chinoise continue à reculer, alors les répercussions sur l’économie mondiale seront évidentes, avec une diminution de la croissance mondiale qui était déjà faible, une baisse des investissements, une baisse de la consommation, et un impact certain sur les résultats des entreprises et donc sur les marchés financiers. Or la communication chinoise étant relativement opaque, il est extrêmement difficile d’analyser la réalité de ces mouvements.

Pour autant les choses sont-elles si graves ?

En Europe, certes la croissance reste faible, voire anémique, mais la conjonction de planètes est toujours au beau fixe : forte baisse de l’euro qui redonne de la compétitivité aux entreprises exportatrices, chute du prix des matières premières génératrice de fortes économies, et soutien massif de la BCE. Les résultats des entreprises ne peuvent donc que s’en ressentir positivement.

En outre, gageons que la BCE saura s’ériger en pare feu si la situation devait réellement se dégrader, comme elle a su le faire dans un passé récent.

Par ailleurs, les valorisations des actions européennes sont extrêmement raisonnables. Rappelons que nous sommes loin d’avoir retrouvé les valorisations précédant la crise des subprimes en 2007, c’était déjà il y a plus de huit ans, où pour ne citer que lui, le CAC 40 se situait autour de 6000 points (contre 4300 points aujourd’hui).

Enfin les liquidités (massives) doivent se positionner quelque part. Or les taux étant au plus bas, les placements obligataires ou monétaires ne rapportent plus rien, et les flux sont donc clairement orientés en faveur des actions, ce qui est là aussi un facteur de soutien des marchés.

Alors même s’il est évident qu’il faut rester prudent et que notre positionnement actuel est très attentif, nous estimons que les marchés subissent une chute excessive, un mouvement de panique comme il en arrive fréquemment. Le point bas n’est peut-être pas atteint, mais les cours actuels constituent à notre avis des points d’entrée attractifs pour un investissement à moyen terme.

Guy Roos

Réactions et commentaires

2 commentaires
  1. Personnellement je ne pense pas. Il ne faut quand même pas oublier qu’on nous dit ça depuis plus de 5/6 ans…
    En tout cas j’aime beaucoup votre site et je vous lis souvent.
    Jérôme

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